La Partie 1 t'a donné le verdict au contact : absorption ou initiative, piège ou expansion. Mais un verdict sans carte, c'est réagir à tout, partout, tout le temps. Cette Partie 2 construit la carte : la hiérarchie exacte des niveaux (PDH/PDL, ONH/ONL, sessions, valeur), l'heure à laquelle chacun se fait chercher, et la lecture footprint bougie par bougie au moment du contact.
Un niveau ne vaut que par la liquidité qu'il héberge — et cette liquidité dépend de qui le regarde. Quatre familles, quatre logiques différentes.
Les niveaux de référence (PDH/PDL, PWH/PWL, ONH/ONL) sont regardés par tout le monde : chaque desk, chaque algo, chaque retail a les mêmes sur son chart. Conséquence directe : ce sont les pools les plus gros — et donc les cibles de sweep les plus fréquentes. Plus un niveau est évident, plus il attire le prix, et moins son franchissement initial est fiable.
Les niveaux de session (Asia H/L, London H/L, high/low de l'opening range) découpent la même logique en fenêtres : chaque session lègue son range à la suivante, qui commence presque toujours par en chercher un côté. C'est le moteur du cycle AMD que tu connais — et c'est ce qui rend leur timing prévisible (chapitre 03).
Les niveaux de valeur (VAH/VAL/POC de la veille, naked POC, VWAP) sont d'une autre nature : ce ne sont pas des pools de stops mais des zones de mémoire de volume. Le prix ne les « sweep » pas, il les teste : accepté dedans = rotation vers le POC, rejeté = retour d'où il vient. Leur franchissement se lit à l'acceptation (temps + volume au-delà), pas à la mèche.
Les niveaux construits (equal highs/lows, trendline liquidity) sont les plus traîtres : leur netteté n'est pas un hasard. Deux highs égaux au tick près, c'est un stock de stops que le marché a laissé grossir — de la liquidité engineered. Le taux de sweep des EQH/EQL propres est écrasant : par défaut, un double top parfait n'est pas une résistance, c'est une cible.
La Partie 1 disait : « un niveau évident est d'abord une cible, ensuite un support/résistance ». La Partie 2 précise : chaque famille de niveaux a son propre ratio break/sweep, sa propre heure de convocation, et sa propre lecture au contact. Traiter un POC comme un PDH — ou un EQH comme un ONH — c'est appliquer le bon verdict au mauvais procès.
Fiche par fiche : ce que le niveau héberge, son comportement par défaut, et le biais break vs sweep à lui appliquer avant même de lire le flow.
| Niveau | Ce qu'il héberge | Comportement par défaut | Biais |
|---|---|---|---|
| PDH / PDL | Le plus gros pool intraday : stops de tous horizons + breakout traders daily | Aimant majeur. Premier contact du jour = sweep plus probable que traversée nette, surtout en gamma positif. Le vrai break du PDH arrive en général au 2e passage, après reload | Sweep d'abord |
| ONH / ONL | Stops des positions Globex + bornes de l'inventaire overnight | Convoqué tôt en RTH (correction d'inventaire). Un côté du range ON est pris dans la première heure la majorité des jours. Break net = signal de trend day précoce | 50/50 — le flow tranche |
| Asia H / L | Range étroit, stops accumulés des deux côtés pendant des heures | Carburant du Judas de Londres : c'est LE niveau du premier sweep de la journée. Asia range étroit = sweep quasi garanti ; Asia large = moins mécanique | Sweep quasi systématique |
| London H / L | Extrêmes de la session la plus volumineuse pré-US | Référence du NY open : le Judas de 15:30 va très souvent chercher un côté de Londres avant la vraie direction. London high pris + rejet = short de manuel vers le low | Sweep au NY open |
| EQH / EQL | Liquidité engineered — stops empilés au tick | Cible, pas barrière. Plus les highs sont égaux et visibles, plus le sweep est probable. Le « triple top qui tient » est l'exception statistique, pas la règle | Sweep, fortement |
| VAH / VAL (veille) | Frontières de la valeur acceptée hier — mémoire de volume, pas stops | Se lit à l'acceptation : 2 clôtures M5 + volume au-delà = rotation vers l'extrême opposé de la value (règle des 80%). Rejet au premier contact = retour au POC | Break si accepté |
| POC veille / naked POC | Le prix le plus tradé — l'aimant de la valeur | Magnet : attire, ralentit, fait tourner. Un nPOC laissé à distance reste un objectif de journée pendant des semaines. Ni break ni sweep : une destination | Cible, pas barrière |
| NWOG / NDOG | Gaps d'ouverture hebdo/quotidiens — déséquilibres de référence ICT | Le CE du NWOG agit comme pivot de semaine : réaction quasi systématique au premier contact. Se trade comme une zone (cf. Footprint × ICT), pas comme une ligne | Réaction au 1er contact |
| IB high / low (10:30 CET+) | Bornes de la première heure — référence auction theory | Extension d'IB en trend day : break qui tient. En range day : les extensions échouent et reviennent. Le régime gamma du jour décide presque seul (Partie 1, chap. 06) | Régime-dépendant |
| Round numbers (00 / 50) | Ordres psychologiques + strikes options | Friction, pas structure : le prix y ralentit, y oscille. Jamais un trade seul — un modificateur de confluence quand il coïncide avec un vrai niveau | Confluence uniquement |
| GEX walls / straddle | Hedging dealers — des flux obligés, pas des stops | Call/put wall = zones de fade en gamma positif ; leur rupture en gamma négatif accélère. Le seul « niveau » dont la force change de signe avec le régime | Signe = régime gamma |
Quand plusieurs niveaux cohabitent à quelques points, le pool le plus ancien et le plus regardé domine : PDH/PDL > ONH/ONL > London H/L > Asia H/L > niveaux intraday. Le prix « voit » le plus gros réservoir — un sweep de l'ONH qui s'arrête pile sous le PDH n'a probablement pas fini son travail : le vrai objectif est 20 ticks plus haut.
Un niveau n'est pas actif 24h/24. Il devient chaud quand la session qui a le pouvoir de le chercher ouvre — et froid en dehors. Croiser niveau × heure élimine la moitié des faux signaux avant même le footprint.
Trois corollaires opérationnels. Un niveau pris hors de sa fenêtre est suspect : le PDH traversé pendant le creux de midi n'a ni le volume ni les participants pour une vraie acceptation — c'est en général du bruit qui se dénoue à l'ouverture suivante. Un niveau non pris dans sa fenêtre reste dû : l'ONL épargné par l'open US reste une cible ouverte pour l'après-midi ; les pools intacts s'accumulent et finissent presque toujours par être visités. La séquence renseigne sur le type de jour : un jour qui purge les DEUX côtés de l'overnight avant 16h30 est un jour de range en construction ; un jour qui n'en purge qu'un et étend est un candidat trend day.
Le cœur footprint de cette partie 2. Au contact d'un niveau, tout se joue sur trois bougies M1 — chacune répond à une question différente, dans l'ordre.
Avant même le contact, l'approche a une qualité mesurable. L'approche constructive — jambes impulsives + pullbacks tenus, delta qui se recharge à chaque palier — arrive au niveau avec des munitions : c'est le profil des vrais breaks. L'approche verticale — 60-100 ticks d'une traite, delta monstrueux mais ininterrompu — arrive à bout de souffle : chaque contrat acheté pendant la montée est un long en profit prêt à vendre, et l'ATR consommé ne laisse rien pour l'extension. Statistiquement, plus l'approche est spectaculaire, plus le premier contact est un sweep. Ajoute la distance d'élan : un niveau atteint depuis 15 ticks (base juste dessous) se casse plus proprement qu'un niveau atteint depuis 150.
C'est la bougie du footprint : profondeur du poke (pile la couche de stops, ou extension franche ?), présence d'absorption ou d'exhaustion au-delà, imbalances qui continuent ou qui meurent. Toute la grille du chapitre 03-04 de la Partie 1 s'applique ici, condensée sur une bougie. Un seul ajout : lis la bougie de contact contre la famille du niveau (chap. 02). Une absorption au-dessus d'un EQH confirme le biais sweep par défaut — c'est presque redondant. La même absorption au-dessus d'une VAH contredit le biais break-si-accepté — c'est une information beaucoup plus forte.
La bougie de verdict tranche : reclôture à l'intérieur (sweep — le trade est contre le poke), clôture au-delà avec pullback tenu (break — le trade est dans le sens), ou indécision (doji sur le niveau, delta neutre — on attend une 4e bougie, sans état d'âme). L'erreur qui coûte le plus cher sur les trois bougies n'est pas une erreur de lecture : c'est d'agir pendant la bougie ② parce que le poke « semble évident ». Mid-bar, un delta de +900 peut finir à −200. La lecture en 3 bougies n'existe que si tu laisses chacune se terminer.
Un niveau n'a pas une force fixe : chaque contact consomme sa liquidité. Comprendre cette usure explique les deux patterns qui piègent le plus — le 3e test qui casse, et le sweep du sweep.
Trois règles d'usure. Le premier contact est le plus tradable : défense maximale, réaction la plus nette — c'est là que les fiches du chapitre 02 s'appliquent à plein. Les retests rapprochés dégradent : chaque retour consomme le mur, et un footprint qui montre une absorption décroissante (34k → 19k → 8k) annonce la rupture mieux que n'importe quel indicateur. Un retest éloigné dans le temps régénère partiellement : de nouveaux stops se reconstruisent au-dessus du niveau — un PDH testé à l'open puis laissé tranquille 3 heures redevient un pool digne de ce nom.
Le pattern le plus vicieux de la carte. Séquence : sweep du PDH → rejet propre → tous les lecteurs de sweeps (dont toi) sont short → le prix revient, reprend l'extrême du premier sweep de quelques ticks — déclenchant les stops des shorts du premier rejet — puis s'effondre pour de bon. Le premier sweep a collecté les stops des anciens shorts ; le second collecte ceux des nouveaux. Au footprint, le second sweep se reconnaît à sa misère : volume famélique à l'extension (personne n'y croit), aucune imbalance acheteuse, souvent une auction unfinished du premier poke qui servait d'aimant. Défense pratique : stop au-delà d'une zone, jamais au tick au-dessus de la première mèche — c'est précisément là que le second sweep va chercher — et considérer un extrême unfinished comme un rendez-vous probable avant le vrai move.
La carte donne dix niveaux. Le trade n'en concerne que deux : le pool que le prix chasse (la cible) et le pool qu'il utilise comme tremplin (l'origine). Le DOL, c'est l'art de désigner la cible avant que le chemin n'existe.
La question du matin n'est pas « quels sont mes niveaux » mais « quel pool est le plus gros ET le plus dû ». Trois critères le désignent : la taille (hiérarchie du chap. 02 — un PDL intact pèse plus qu'un low de session), la dette (un côté de l'overnight jamais purgé, un nPOC proche, une auction unfinished d'hier), et l'alignement (le pool dans le sens du biais HTF et du régime gamma pèse double). Quand deux pools se disputent le titre, le marché va très souvent chercher le petit d'abord, le gros ensuite — c'est la logique du sweep de l'ONH en route vers le PDH : le premier finance le voyage vers le second.
La carte, le temps, la lecture 3 bougies et le DOL assemblés sur deux scénarios archétypaux — ceux que tu reverras cent fois.
Tout ce qui précède se compile chaque matin en une carte et un scénario. Le format, chronométré, à intégrer à ton pré-open.
| Minute | Action | Sortie |
|---|---|---|
| 0–2 | Tracer les références : PDH/PDL, ONH/ONL, Asia + London H/L, VAH/VAL/POC veille, nPOC en jeu, NWOG CE | La carte brute (ton indicateur APEX Levels en fait 90% — vérifie, ne redessine pas) |
| 2–4 | Marquer l'état de chaque pool : intact / purgé / usé (nb de tests). Noter les EQH/EQL propres et les extrêmes unfinished d'hier | Les pools chauds vs les pools morts |
| 4–6 | Contexte : régime gamma + walls, inventaire overnight, gap éventuel, news du jour | Le biais break vs sweep du jour (Partie 1, chap. 06) |
| 6–8 | Désigner le DOL : le pool le plus gros + dû + aligné. Puis l'origine probable en face | Un scénario principal + un alternatif, écrits en une phrase chacun |
| 8–10 | Prévoir les fenêtres : à quelle heure chaque niveau du scénario entre dans sa zone chaude (chap. 03) | Ton agenda de la session — quand être devant, quand ne pas l'être |
La Partie 1 t'a appris à juger le contact. La Partie 2 t'apprend à ne plus subir le contact : tu sais où il aura lieu, vers quelle heure, avec quel biais par défaut — et il ne te reste plus qu'à confirmer au footprint ce que la carte avait déjà presque décidé. Un trade préparé se lit en 3 bougies. Un trade improvisé se lit toujours trop tard.
Semaines 1-2 — La carte sans trader : chaque matin, la routine des 10 minutes, scénario écrit. Chaque soir, verdict en deux lignes : le DOL désigné a-t-il été atteint ? Par quel chemin ? Objectif : 60%+ de DOL corrects sur 10 séances avant de passer à la suite. Semaine 3 — Le contact : sur les niveaux de ton scénario uniquement, dérouler la lecture 3 bougies en temps réel et noter le verdict (sweep/break/attente) sans trader — puis vérifier. Semaine 4 — L'assemblage en sim : trader uniquement le scénario principal du matin, entrées validées 3 bougies, cible = le DOL. Un trade par jour maximum. C'est volontairement frustrant : la carte sert précisément à refuser les 15 autres contacts de la journée.